Avec le confinement, la formation à distance a fait un bond de titan mais il faut avouer que l'on partait de (très) loin parfois. Aussi, on semble découvrir que les étudiants trichent ; il est vrai qu'avant ils ne le faisaient pas !

Dans plusieurs webinaires j'aborde les stratégies pour limiter le plagiat : définir la période d'ouverture de l'évaluation, la durée, configurer un ordre aléatoire des questions jusqu'à celui des options de réponses, travailler avec des banques de questions pour piger de manière aléatoire des questions et ainsi soumettre aux étudiants une version quasi originale pour chacun d'eux. Alors oui les questions peuvent toujours être documentées mais le plagiat est très sérieusement mis à mal pour la cohorte en cours à qui l'évaluation rend presque inutilisable les précieuses bibles qui circulent dans les facultés. Reste à l'enseignant de renouveler ses questions d'une cohorte à l'autre soit en modifiant des variables/données ou en rédigeant de nouvelles questions pour suivre l'actualité du cours.

Je ne vais pas tout couvrir ici et me limiter au calcul de la durée d'une évaluation autoportante de type Quiz ; j'exclue donc les questions à développement. A l'inverse, ce qui suit vous permettra de calculer le nombre de questions - ou plutôt leur volume - selon la durée de l'évaluation.

La durée de l'évaluation est tout un défit. Il faut trouver la durée juste pour dissuader les étudiants de tricher (désolé... de plagier) sans pour autant les placer dans une situation de stress trop élevée qui ne leur laisserait pas assez de temps pour compléter leur évaluation ; c'est par ailleurs la stratégie de plusieurs universités nord-américaines dont celle à qui il manque le "R" quand on prononce son nom avec l'accent local.

Il faut compter le nombre total de mots, je commencerai donc par énoncer mes axiomes :


Q(p) = durée de la question
E(x) = nb. de mots de l'énoncé
O(x) = nb. de mots des options de réponse
R(x) = nb. de mots des rétroactions
D(p) = niveau de difficulté de la question

V(x) = définit si la question est sommative (valeur=0) ou formative (v=1)


Q(p) = ( (E(x) + O(x)) / 200 ) D(p) + V(x) R(x)

Avec V(x) il n'est plus question de calculer la durée d'un examen dans la mesure où la durée calculée est celle d'une évaluation formative ; il s'agit donc ici de calculer l'effort d'apprentissage de l'apprenant. Il est ainsi possible de reporter cette valeur à la durée d'apprentissage des autres contenus de formation pour développer des modules de formation dont la durée respecte les préconisations usuelles (voir mon article sur le sujet : https://www.linkedin.com/pulse/convertir-la-dur%C3%A9e-en-salle-ligne-gregoire-aribaut/).

Je divise le nombre total de mots par 200 (ratio standard de la durée de lecture) et je multiplie le tout par un coefficient qui correspond au niveau de difficulté de la question ; ce niveau doit être mis en corrélation avec le niveau des étudiants (Bac/Licence, Maitrise, etc.)

M(e) = durée du média (audio ou vidéo) de l’énoncé
M(o) = durée… des options de réponse
M(r) = durée… des rétroactions


Q(p) = ( M(e) + M(o) ) D(p) + V(x) M(r)

Pour des questions de niveau plus élevé, il est préconisé d'aller sur des question à développement ou des études de cas. Dans ce cas, l'énoncé et les rétroactions peuvent cumuler du texte et des éléments médiatiques :

Q(p) = ( (M(e)+E(x)) + (M(o)+O(x)) ) / 200) D(p) + V(x) ( M(r) + R(x) )

Note : Pour une question de niveau Bac D(p) = 3 ; pour un niveau maitrise je préconise = 2

Important : Il faut regarder le niveau de difficulté de la question. Il est trop aléatoire de donner un ratio sans exemple mais de manière générale je ne dépasse jamais 3 pour limiter le plagiat ; ce coefficient laisse en général tout le temps aux étudiants pour lire et comprendre l'énoncé de la question et les options de réponse.